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Volontariat versus Permaculture

Le soir du jeudi 23 Juin nous sommes arrivés à Chimirol pour notre volontariat. A 900 mètres d’altitude la température est douce et l’air est moins humide. Nous sommes logés dans une cabane en bois sans électricité ni eau courante.

MAISON

Tous les matins nous allons remplir des bonbonnes d’eau à la rivière qui borde le terrain pour remplir les bassines de vaisselle et de linge. Nous collectons également l’eau de pluie dans des seaux puis nous la filtrons pour ensuite la stocker et la boire… heureusement il pleut intensément au moins une fois tous les deux jours. En guise de toilettes on nous a désigné un seau et de la sciure de bois pour recouvrir les excréments. Une fois le seau plein il faut verser le tout sur le tas de compost “humanure” à l’arrière du jardin.

RIVER

Au Costa Rica durant toute l’année le jour se lève avant 5 heures et se couche environ à 18 heures. Au crépuscule nous allumons des lanternes rechargées au soleil pendant la journée ainsi que nos lampes frontales. Il n’y  a aucune prise électrique ni de réseau téléphonique à moins de 20 minutes de marche. Pour un accès à Internet il faut se rendre en ville a San Isidro del General à 45 minutes de bus une fois par semaine pour se connecter à partir d’un cybercafé. Dans les montagnes les accès wifi sont rares donc nous avons également ouvert une ligne téléphonique 4G par mesure de précaution.

Dans le village de Chimirol on peut compter deux épiceries de junk-food, un bar abandonné et deux restos dont une pizzeria correcte. Les deux bâtiments principaux sont une école primaire qui sensibilise les enfants au recyclage et un centre municipal qui veille au respect de l’environnement. Une fois par semaine se tient un petit marché chaleureux où l’on peut trouver des fruits, des légumes, du bon pain et le plus étonnant, des spécialités brésiliennes. Nous avons eu le plaisir de faire la connaissance de Paula, une brésilienne indigène d’Amazonie qui a vécu dans le sud de la France. Elle est professeur de français et de brésilien et c’est notre première amie au Costa Rica.

San Isidro del General, la grande ville a proximité, n’a pas d’allure ni de charme véritable mais on peut y trouver divers commerces et l’indispensable banque. Il y a 5 bus par jour pour s’y rendre et en repartir donc nos visites nécessitent de l’organisation.

Sur la propriété où nous sommes volontaires poussent des plantains mais peu de bananes, on peut en revanche trouver des mandarines très acides utilisées pour réaliser des citronnades et des goyaves succulentes en confiture. Les goyaves attirent des oiseaux de toutes les couleurs aux chants incroyables et des écureuils gourmands. Des aigles survolent la propriété et parfois la nuit des chauves-souris se retrouvent piégées dans la maison.

CAMINO

Les conditions prévues par notre volontariat sont de travailler 4 heures par jour, 5 jours par semaine en échange du gîte tandis que le repas reste à nos frais. Notre hôtesse était en détresse financière et en procédure de dénonciation auprès de multiples administrations pour des dommages environnementaux causés par ses voisins. Cette canadienne ne parle pas espagnol, ce qui ne facilite pas son rapport aux locaux. Alors que nous étions supposés faire de la permaculture sur son terrain nos efforts ont été détournés pour l’aider a gérer ces problèmes. Au lieu de s’impliquer dans des projets créatifs comme c’était mentionné dans l’annonce, nous avons perdu une semaine à nettoyer, faucher les hautes herbes et les lianes sur son terrain, puis les redécouper en petits bouts pour les entasser dans un coin du jardin.

COMPOST

Pour mieux cerner notre désaccord de fond avec notre hôtesse il suffit d’observer la richesse de cette terre nourricière, chargée d’humus et de vers de terre, propice à la vie. Tandis que nous essayons de la convaincre de réaliser des projets utilisant des ressources disponibles sur sa terre elle nous a forcé a acheter des sacs de terre et de compost. Ces derniers proviennent d’une source dont les polluants ne sont pas maitrisés car elle se fie aux recommandations de personnes peu vigilantes à l’absence de pesticides. Sachez qu’au Costa Rica on utilise excessivement des pesticides interdits ailleurs dans le monde, heureusement ce n’est pas le cas partout.

TOILETTES SECHES

On vous passe de nombreux détails sur les différends que nous avons eu avec elle. Nos initiatives ont été systématiquement rejetées avec des réactions négatives et c’est au bout d’épuisants débats qu’elle a toléré que nous construisions des toilettes sèches et une ridicule jardinière. Au delà du désaccord sur le travail elle nous obligeait a ouvrir notre porte à toute heure. Toutes les contraintes qu’implique ce mode de vie ne nous laissaient pas de temps libre ni d’intimité.

JARDINIERE

Au bout de deux semaines, nous avons donc décidé de mettre fin à notre volontariat pour passer à des activités plus enrichissantes et en adéquation avec notre projet de vie. Nous avons donc choisi dans un premier temps de venir à Turrialba pour faciliter les rendez-vous mensuels chez la sage-femme. Turrialba est le nom du volcan en activité qui surplombe la ville, la spécialité locale est le fromage mais bien loin de concurrencer le fromage français. Nous nous sommes également inscrits au ”Permaculture Design Course” qui se tiendra en Août à Finca Tierra (Coclès) pour approfondir notre Introduction à la Permaculture initiée en Juin à Montreuil par le Sens de l’Humus.

Veni vidi vici !

 

Published by Yotam

30 ans, montreuillois, bon vivant, randonneur, aime cuisiner épicé, mélomane, créatif et bientôt papa.

6 thoughts on “Volontariat versus Permaculture”

  1. Boutet says:

    ” la vie est un long fleuve tranquille ” ! Mais au CostaRica, ça n’a pas l’air d’être le cas ! Quel plaisir néanmoins de lire le début de vos aventures … Hâte d’avoir une suite, et d’autres photos …. Bon courage la vie est belle ,

  2. Julien Etienne says:

    Argh, pas cool pour les surprises sur place et les désaccords avec la “maîtresse” des lieux… On va dire que ça vous fait bosser votre capacité de rebond… En espérant que la suite soit plus zen et en accord avec vous espérances.

  3. Gwenola says:

    Les choses ne se passent pas tout à fait comme prévues… mais ce n’est pas bien grave ! Ce qui aurait été plus embêtant ça aurait été de s’enliser dans cette situation et d’y perdre notre énergie. À vrai dire on se sent libérés et on est très contents d’aller se former au PDC ! La suite au prochain épisode… 🙂

  4. Clément says:

    Les imprévus sont toujours là. Heureusement il y a toujours des débouché, c’est très prometteur ce que vous entreprenez.
    Je vous souhaite une bonne continuation =)

  5. Zackarielle says:

    Salut les amis!

    C’est super de pouvoir vos aventures même si certaines sont moins agréables que d’autres.. En tout cas votre optimisme et votre motivation fait plaisir à lire. Dans l’attente de vos prochains posts!
    Bisous à vous deux

  6. julie says:

    Coucou les futurs parents! Quel plaisir de vous lire! Bon dommage pour cette première expérience mais je doute pas de votre capacité à rebondir 🙂 Heuuuu il manquait pas une porte ou deux autour des toilettes de toute façon?! j’espère que votre nouvelle destination est plus à la hauteur de vos attentes.
    On pense fort à vous
    Bisous à vous deux 🙂

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