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De Samara à Nicoya

Notre arrivée sur la péninsule de Nicoya a été émaillée de soucis de logement et de visites de terrains des plus abracadabrantes.

Pour commencer, la ”maison” que nous avions trouvée à Samara s’est avérée être un taudis. Quand la propriétaire nous a accueillis, elle était encore en train de passer de l’eau de javel sur le sol, lequel était une simple dalle de béton fissurée de toutes parts. Quand il pleuvait, l’eau s’y infiltrait et nos affaires ont failli être trempées.
Il y avait des ouvertures avec des volets, mais ni vitres ni moustiquaires. Nous avions décidé en arrivant au Costa Rica que tant que nous ne serions pas sur notre terrain, nous ne laisserions pas sortir Zombie, de peur de ne pas la voir revenir. On était donc obligés de garder les volets fermés en permanence. Celà n’a servi à rien car le toit en tôle de la bicoque étant à peine fixée au quatre coins, elle réussissait à s’échapper. Heureusement elle finissait par revenir à chaque fois. Les poutres qui soutenaient la mezzanine étaient infestées par des termites et il pleuvait de la sciure de bois prédigérée, notamment sur la table où on mangeait. L’eau stagnante d’un cloaque au fond du terrain vague attirait les moustiques et dès le crépuscule on devait rester planqués sous la moustiquaire qui protégeait notre lit. Après trois jours de cauchemar, nous avons décidé de partir. On avait prévu d’y passer plus d’un mois mais dans ces conditions il en était hors de question. Ce fut difficile de trouver autre chose car on arrivait au début de la saison touristique et que tous les autres logements affichaient complet ou étaient hors de prix. Parachutés en urgence dans un hôtel, nous avons décidé de chercher un logement dans les terres, à Nicoya, à 40 kilomètres au Nord de Samara. La quête fut ardue, car Nicoya est tout le contraire de Samara, c’est à dire absolument pas touristique et de ce fait il était très difficile d’y trouver un logement meublé. En revanche les prix y sont tout à fait convenables.

Nous avons passé des heures de recherche sur internet et quelques jours à quadriller méthodiquement Nicoya quartier par quartier sous un soleil de plomb, à la recherche de pancartes ”se alquila” (à louer). Nous avons finalement trouvé et sommes donc maintenant basés à Nicoya pour une durée indéterminée. De là nous allons pouvoir découvrir la péninsule en faisant des escapades à la recherche du terrain coup de coeur.

Nous en avons déjà visité quelques uns.

Le premier terrain, pas cher du tout et d’une bonne dimension, était situé à Hojancha. Il n’y avait pas de photo mais la propriétaire nous avait assuré par téléphone que le terrain était plutôt plat. La visite avait lieu un samedi matin, elle se déplaçait de la capitale San Jose pour nous le montrer. On imaginait donc qu’elle venait passer le week-end sur place. A la base, Hojancha nous intéressait en raison de son climat tempéré dû à son altitude et de sa proximité avec Samara, sa plage et son école alternative. Notre enthousiasme est vite retombé quand on a compris le matin même qu’il n’y avait pas de bus direct pour Samara… critère rédhibitoire pour nous. On avait rendez-vous, on allait tout de même voir ce terrain par curiosité, nous sommes donc venus en taxi à Hojancha. Après une heure et demie de retard, la propriétaire du terrain est arrivée dans un minibus où elle avait entassé sa mère, sa grand mère, sa belle fille et sa petite fille. Elle nous a embarqués et, après quelques minutes de route, nous roulons sur un chemin cabossé qui nécessite clairement un 4×4. En dépit du bon sens, les voici déterminées à franchir une route encore plus cabossée et boueuse, ce qui conduit irrémédiablement à un embourbement du minibus. La scène suivante est assez absurde. Yotam se retrouve à pousser avec quelques éleveurs porcins voisins qui ont interrompu la castration de jeunes porcs pour venir prêter main forte. Gwen déshabille Sabbath qui transpire sous la chaleur accablante et tente de trouver un peu d’ombre sous un arbre. On se regarde… on la sent pas cette histoire. Pendant ce temps les deux mémés se lyophilisent dans le minibus avec la chaleur. La propriétaire ne cesse de nous répéter que c’est juste à 300 mètres (Pourquoi ne pas l’avoir dit avant ? On y serait tous allés à pied). On finit bien sûr en marchant et à mesure qu’on avance on comprend qu’elle cherche à nous vendre une forêt ! Ce n’est clairement ce n’est pas ce que l’on recherche, et on ne s’imagine pas couper autant d’ arbres. On lui explique, elle se défend en disant que c’est un terrain de famille qu’elle n’a pas entretenu et que les arbres ça se coupe. On est pas intéressés mais la situation est gênante car, sans notre propre véhicule, nous comptons sur elle pour nous poser à Nicoya sur le chemin du retour… car contrairement à ce qu’on pensait, elle était juste venue passer l’après midi sur place et c’est ainsi qu’on devient un fardeau. Voila donc qu’on nous traine pendant une heure faire la causette avec le parrain qui vit à côté, puis une heure de plus chez un voisin qu’elle essaie de convaincre de couper les arbres en une semaine. Elle ne dupe personne : ce travail là demande plus d’un mois mais essaie tout de même de nous convaincre. L’heure tournait et on se sentait un peu tenus en embuscade. Malgré sa colère contenue elle tâche de rester cordiale et on voit bien qu’elle passe une journée pourrie car non seulement elle n’a pas vendu son terrain mais en plus elle a embouti son pare choc en repartant !

La deuxième visite a été bien différente. On devait visiter deux terrains à Caimital, situé entre Samara et Nicoya. Le village étant doté d’un arrêt de bus nous avons pu arriver et repartir par nos propres moyens. Ce sont deux vieux escrocs qui nous ont fait visiter. Le premier terrain a mis la puce à l’oreille à Yotam qui voyait bien que la superficie réelle représentait la moitié de celle annoncée. Le deuxième terrain était plus intéressant, alors on a demandé si les papiers étaient en règle et si ils étaient enregistrés au cadastre. On nous répond que oui, tout est en règle… et on a eu la bonne idée de prendre une photo du plan cadastral. On s’est en effet rendus compte en l’examinant plus tard qu’ils voulaient nous vendre un terrain dont ils ne possédaient en réalité qu’une moitié ! Arnaque bien ficelée donc. Après la visite, ils nous avaient même invités à prendre un rafraîchissement, tout en nous tenant de grands discours concernant leur bonne foi, ”à leur âge ils souhaitent juste être en paix, ils n’ont plus besoin d’argent et que c’est pour ça que le terrain est à un bon prix.” Leur prose bien rodée est appuyée par quelques bondieuseries, histoire de nous faire avaler la pilule (ou Jesus). Heureusement qu’on est pas des pigeons, car ce genre d’arnaque c’est apparemment monnaie courante au Costa Rica.

Dans tous les cas, chaque visite est instructive. On prend vraiment notre temps car on l’a compris, il n’y a pas que le terrain qui est important. L’environnement, la proximité avec certaines commodités, le climat aussi. Et puis aujourd’hui, après avoir connu depuis six mois le Costa Rica rural et authentique, on aspire plutôt à se rapprocher d’une communauté d’expatriés ou en tout cas une population qui partage les mêmes centres d’intérêts. Les ticos ruraux sont très gentils mais c’est pas facile pour deux métalleux de se faire des potes dans un environnement où l’église du coin est le plus grand vecteur de lien social, et autant vous dire qu’ils ne sont pas fans des t-shirts de Yotam !

En dehors de ça, Sabbath grandit, il a maintenant trois mois, il est en parfaite santé et nous laisse un peu plus dormir qu’au début. Les pleurs dûs aux coliques laissent peu à peu place à des gazouillis qui nous font complètement craquer.

Zombie est toujours la chatte la plus cool du monde ! C’est même étonnant de voir à quel point elle s’adapte à nos nombreux déménagements dans le pays.

Une fois nos soucis de logement résolus, on a quand même bien profité de la plage de Samara, magnifique lieu de farniente où règne une ambiance des plus paisibles. On est bien loin des plages françaises bondées de monde. L’eau y est calme et d’une température idéale. Vivement que Sabbath soit assez grand pour en profiter !

Published by Gwenola

38 ans, bretonne à tendance baroudeuse, photographe et communicante, hédoniste convaincue, maman comblée, passionnée et enthousiaste !

3 thoughts on “De Samara à Nicoya”

  1. Zackarielle says:

    Salut les mais!
    Votre fils est superbe 🙂 Bon courage pour vos pérégrinations et j’admire votre détermination à persévérer dans votre projet.
    Gros bisous à tous!

  2. Sophie says:

    Coucou les amis !

    Quelles péripéties ! J’espère que vous trouverez rapidement votre bonheur.
    Je ne me fait aucun soucis pour ça car on voit bien que vous êtes assez forts pour ne pas tomber dans le panneaux des arnaqueurs. La persévérance triomphera !
    Bonne continuation ! !

    P.S: Sabbath a les yeux de sa maman 😉

  3. Catherine et JPhi says:

    La sobriété heureuse n’est pas sans embûches ! Mais que de chemin parcouru deja en 6 mois, avec surtout la venue de votre fils …. Nous suivons ça de très près, vous le savez . Courage et persévérance à vous , vous êtes sur le bon chemin . Bises

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